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Jacques Serena
Chronique auteur
Pris au mot par les lourds


Jacques Serena



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S'il fallait que chaque auteur de livre réponde des faits qu'il a éprouvé le besoin d'attribuer à son double dans ses livres, il y en a peu qui échapperaient à la loi, ou du moins à la vindicte des lourds. Sauf bien sûr les Bobin et assimilés, ceux qui ont choisi de ne montrer que leur bon profil, et qui peut-être même y croient, se prennent pour une belle âme vingt-quatre heures sur vingt-quatre, grand bien leur fasse. Sinon, pour les autres, dont bien sûr je suis, qui écrivons sans craindre de laisser voir nos tares, au contraire, plutôt tentés par les démons et le cap au pire, il y a toujours le risque d'être pris au mot par les lourds. Et des lourds, on dirait qu'il y en a de plus en plus.

Je pense à l'heureuse époque où Hervé Guibert pouvait dire en souriant que s'il n'avait pas écrit ses pages il serait certainement passé à l'acte avec de jeunes enfants, et chacun comprenait. Parce qu'en ce temps-là, il me semble, la question de la vérité en littérature se posait, comme pour nous elle se pose encore, de façon plus subtile que pour un lourd, qu'il soit élu, journaliste de télévision ou un de ces ignares qui réagissent à l'actualité sur internet. Mais même avant Guibert, il y avait eu par exemple Albertine Sarrazin, quand un avocat mal inspiré avait voulu retenir contre elle ce qu'elle racontait dans ses romans, à l'époque, il me semble bien qu'il avait consterné son monde, cet avocat, parce qu'il était encore assez clair dans les esprits qu'un roman était un roman. Même si la fiction flirte fatalement avec des éléments autobiographiques, ce qui est dans un livre ne pourra jamais être toute la vérité et rien que la vérité, jamais. Et quand bien même l'auteur lui-même le croirait, serait prêt à le jurer. Sans quoi nous serions tous, à part bien sûr les Bobin, des fous obsédés, violeurs vicieux, salauds d'assassins. Il se pourrait que l'amalgame, pour ne pas dire la bouillie dans les cerveaux lourds, vienne de cette tarte à la crème baptisée autofiction. Qui n'a bien évidemment jamais existé. Parce que tout roma

Jacques Serena

   

Revue n° 108
(Novembre-décembre 2009).

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