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Jacques Serena
Chronique auteur
Sirènes tristes


Jacques Serena



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Les jeunes Françaises sont déprimées. Les jeunes Français tout autant, mais ça me touche moins, forcément. N'empêche, c'est un fait, vérifié par des statistiques tout ce qu'il y a de plus officielles, les jeunes Françaises et Français sont plus pessimistes et déprimés que leurs voisins, qui déjà ne jubilent pas spécialement. C'est, entre autres, la conclusion de la Fondation pour l'innovation politique (Fondapol), qui a enquêté et s'est appliquée à dresser un état des lieux du sentiment des jeunes vis-à-vis du travail, de la famille, des institutions et, en gros, de leur confiance en leur avenir dans leur société. J'aime entendre ces constats, parce qu'ils viennent énoncer clairement ce que je voyais et sentais vaguement.

Ah mais c'est bien ça, me dis-je alors. Je me disais bien aussi, me dis-je encore. Parce que je les vois de mes yeux, moi, ces jeunes gens qui viennent dans ces sortes d'ateliers d'écriture que j'anime de-ci, de-là, je vois bien que, oui, indéniablement, mes jeunes participantes qui ont l'âge où, il y a encore quelques années, elles riaient et badinaient, sont maintenant anxieuses, abattues. Et cette année en particulier, en fait. C'est flagrant dans le contenu de leurs pages, et aussi manifeste dans leur attitude en dehors des séances, dans leurs attentes, leurs appels plus ou moins désespérés, leurs demandes. Leur recherche terrifiée de la moindre alternative, ou soutien. Quand elles n'ont pas déjà plongé dans le mutisme, le à quoi bon, et pourquoi ceci, et pourquoi pas cela, après tout. Au regard des textes qu'elles me rendent, à moins d'être sourd, aveugle, ministre ou assimilé, saute aux yeux qu'elles aspirent à autre chose, à un grand chamboulement dans leur vie. Ça ressort dans leurs litanies des " Je voudrais ", voire " J'aurais voulu ", ou dans leurs réitérations de moments paradisiaques, apparaît alors à quel point elles ont du mal à se voir dans la version actuelle du monde, cette version officielle, univoque, légale et répétée à longueur de discours sans alternative. Ce capitalisme od

Jacques Serena

   

Revue n° 102
(Avril 2009).

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