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Antoine Emaz
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Antoine Emaz



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Darcos, ce matin, empêtré et hypocrite. " J'ai voulu annoncer cette suppression de 10 000 postes avant les vacances pour ne prendre personne en traître, mais les arbitrages seront rendus en août... " Dire avant les vacances, pendant le bac, les conseils de classe, et décider en août... si ce n'est pas du contre-pied ! Quant à la redéfinition du métier d'enseignant, on l'attendait, on l'a : " Vaste chantier, j'écouterai tout le monde... il ne se passe pas un jour sans que je reçoive les syndicats... j'ai été enseignant durant quinze ans... je sais la difficulté du métier...je veux être au côté des professeurs... on ne fera rien sans eux... " etc. etc.

" La rumeur du monde " sur " l'ouverture " de Sarkozy et les multiples arrangements avec des personnalités de gauche.

Je retiens deux idées : 1) certains regardent d'abord leur âge et leur goût du pouvoir ou des paillettes, et 2) plus le système se présidentialise, plus il lui faut une assise populaire/politique large. Je crois juste cette dernière idée, mais il est loin d'être sûr qu'un ralliement de certains politiques soit aussi un ralliement populaire.

Mémoires allemandes d'Etienne François. Très intéressante investigation sur l'histoire et l'actualité complexe d'un peuple. Comment se construit et se modifie une mémoire collective avec ses symboles comme le casque à pointe, ou des points d'ancrage sans oubli possible : Auchwitz, la destruction du mur...

C'est l'été, l'occasion de revenir sur certaines affaires non résolues... Aujourd'hui, c'est une " contre-expertise " sur les chiffres du chômage, que l'INSEE devait donner, etc. Rien de plus barbant à la radio qu'une bagarre de chiffres ou un conflit sur les modes de calcul. Mais les intervenants en viennent au fond, à la définition du chômage, à celle de la précarité et des travailleurs pauvres. Pour ma part, j'ai connu des chômeurs heureux et des travailleurs très mécontents. " Travailler plus pour gagner plus "... certes le slogan a porté. D'ici à ce qu'il rapporte... au point que je puisse louer la maison sur les bords du lac Winnipesaukee... Mais je ferais peut-être bien de noter dorénavant mes heures-sup poésie, on ne sait jamais.

Non, non, non, on n'a rien payé pour les infirmières, c'est seulement le charme de Cécilia qui a opéré. Je me demande pourquoi il ne la laisse pas mener les négociations sur les salaires dans la fonction publique...

" Contre-expertise ", à nouveau, sur la " vampirisation " de l'électorat FN par Sarkozy lors des présidentielles. Intéressantes analyses mais trop contradictoires pour y voir clair. Et quel intérêt au fond à voir le FN défait si c'est pour trouver au pouvoir un Sarkozy lepénisé ?
Flottement de l'été. Il n'y a pas de silence radio, mais on sent une baisse de régime, un côté parasol et nu-pieds. Émission spéciale de 7h00 à 9h00 en direct de Marcoussis sur le rugby : pourquoi pas ? J'aime bien ce sport, mais de là à présenter comme un poème en prose et déclamer à l'antenne un texte d'Ibanez sur ses crampons posés sur le rebord de la fenêtre la veille d'un match...
On compensera au moment de l'apéritif vespéral avec Michel Onfray qui, durant une heure, traite de l'eudémonisme social depuis une bonne semaine. J'aime bien son ton radio, savant mais jamais pontifiant, à la fois magistral et familier. Qu'une radio de service public se fasse le relais de l'Université de tous les savoirs ou du Collège de France, voilà qui me paraît bel et bon. J'ai toujours cru à une politique de l'offre culturelle, confiante dans l'intelligence et la curiosité de l'auditeur. Partir seulement de la demande répond à une logique de marketing ; c'est une pente savonneuse où très vite on se préoccupe plus des espaces publicitaires et de l'audience que de la qualité des émissions.

Mort du cardinal Lustiger. C'est drôle et macabre comme on peut sentir qu'une mort était attendue. On entend défiler les fiches préparées à l'avance, on entend les sons d'archives recherchées sans précipitation. Toute une mécanique, un protocole, et le lyrisme élégiaque ou la componction de rigueur. Dommage que le kaddish n'ait pas été dit dans la cathédrale, dommage. Mais quand on programme son enterrement, il est difficile de rectifier quelque chose in extremis.

Et oui, à nouveau des nouvelles du premier couple de France. En plein mois d'août, Cécilia a attrapé une angine blanche : il faut en effet distinguer l'angine rouge (souvent compliquée d'amygdalite), l'angine blanche (herpétique, diphtérique), et l'angine couenneuse. Là, c'est de la blanche : ou bien elle avait oublié sa petite laine à Paris, ou bien ils n'avaient pas fait assez chauffer le lac avant leur arrivée. On peut aussi penser qu'elle n'aime pas les petits pique-niques tout simples avec hamburgers et hot-dogs... En tout cas, le chevalier servant Nicolas est resté à son chevet, et il est arrivé avec une heure de retard chez son ami Djordje, mais il s'est excusé. J'aime bien ces petits détails sur la vie quotidienne des grands de ce monde. Une angine, et hop ! les voilà qui rejoignent le commun des mortels !

Antoine Emaz

   

Revue n° 086
(Septembre 2007).

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